Spread the love







Une table. Un mur. Votre corps. Tout semble solide, évident, “réel”. Et pourtant, à l’échelle de l’infiniment petit, la physique quantique raconte une histoire bien plus étrange : la réalité quantique n’est pas celle que nos sens nous donnent spontanément.

Dans sa conférence TEDx, Laurent Schaffer propose un voyage derrière le décor du quotidien : la couleur, la matière, le toucher, la masse… tout ce que nous croyons stable et tangible repose en fait sur des champs, des interactions et de l’énergie. Sans extrapolation “mystique”, il montre surtout une chose : nos perceptions sont une traduction, pas la réalité brute.

Dans cet article, je reprends les idées principales de cette intervention (en restant fidèle à ce qu’elle dit), et je signale aussi une piste de lecture pour aller plus loin : la trilogie Quantix, qui met en scène ces concepts à travers une fiction scientifique.

Expression clé principale : réalité quantique


La conférence TEDx de Laurent Schaffer et la trilogie Quantix

La vidéo dont il est question ici (TEDx / extrait) propose une vulgarisation accessible de plusieurs notions clés : les couleurs comme construction du cerveau, la matière quasi vide, le toucher comme répulsion électromagnétique, et l’origine de la masse via l’énergie et les champs quantiques.

À côté de ses interventions, Laurent Schaffer a aussi développé ces thèmes dans une trilogie de fiction, Quantix, qui s’appuie sur des concepts scientifiques pour nourrir l’intrigue. Ici, je m’en tiens au contenu de la conférence : l’objectif est de comprendre, pas d’interpréter au-delà.


1) Les couleurs n’existent pas “dans les objets”

Prenons une orange. Elle paraît objectivement… orange. Pourtant, ce que la physique décrit, ce ne sont pas des couleurs, mais des ondes électromagnétiques (lumière) qui rebondissent sur les surfaces et arrivent jusqu’à nos yeux.

Ensuite, le cerveau fait son travail : il interprète ces informations et construit une sensation de couleur. Autrement dit, l’orange ne “porte” pas la couleur en elle-même : la couleur est le résultat d’un traitement neurobiologique.

On comprend mieux pourquoi certaines personnes perçoivent différemment (daltonisme) : la réalité physique (ondes) est la même, mais l’interprétation varie selon le câblage et le traitement visuel.


2) La matière est (presque) entièrement vide

Quand vous pressez une orange entre vos doigts, elle semble pleine et dense. À l’échelle atomique pourtant, la structure est contre-intuitive : un atome est composé d’un noyau minuscule et d’électrons… dans un volume majoritairement vide.

Dans l’illustration de la conférence, si un atome avait la taille d’une pièce, son noyau ferait la taille d’un petit pois. Le reste, ce serait essentiellement de l’espace, structuré par des champs et des interactions.

Cette idée ne veut pas dire que “rien n’existe”. Elle montre surtout que notre intuition de la matière “pleine” est une approximation de l’expérience quotidienne, pas une description fondamentale.


3) Vous ne touchez jamais vraiment les objets

Le toucher semble être la preuve ultime que le monde est solide. Pourtant, la sensation de contact provient d’une interaction : la répulsion électromagnétique.

Les électrons portent une charge négative. Quand votre doigt “touche” une surface, les électrons de votre doigt repoussent ceux de l’objet (et inversement). Ce que vous percevez comme de la solidité est, au niveau fondamental, un jeu de forces électromagnétiques.

C’est une façon frappante de résumer la situation : au lieu d’un “contact”, il existe surtout une barrière d’interaction qui empêche les structures atomiques de se traverser.


4) Le noyau atomique n’est pas une “brique de matière”

On pourrait croire que le noyau atomique, lui, est enfin “plein” et rassurant. Mais la conférence rappelle une autre étrangeté : la masse du noyau ne vient pas uniquement de “matière” au sens intuitif.

Dans un proton, on trouve des quarks liés par des gluons (une interaction forte). Et surprise : les quarks ne représenteraient qu’une petite partie de la masse totale. Une grande partie de la masse est associée à l’énergie des interactions qui les maintiennent ensemble.


5) E = mc² : la masse est une forme d’énergie

Depuis Einstein, on sait que la masse et l’énergie sont équivalentes. L’équation E = mc² exprime cette correspondance : selon les contextes physiques, l’énergie peut se manifester sous forme de masse, et la masse peut se convertir en énergie.

La conséquence, c’est que ce que nous appelons “matière” n’est pas forcément une substance fondamentale. C’est aussi une organisation d’énergie et d’interactions, stable à notre échelle.


6) Le vide quantique n’est pas vide

Le point le plus déroutant du TEDx est sans doute celui-là : même si l’on enlève toute matière d’une zone, il reste des champs quantiques. Le “vide” n’est pas un néant absolu.

Ces champs peuvent produire des fluctuations : de minuscules variations d’énergie apparaissent et disparaissent sur des durées extrêmement courtes. Dans la conférence, ce mécanisme est utilisé pour illustrer l’idée que l’origine de la masse est profondément liée aux champs et à l’énergie, plutôt qu’à des “petites billes de matière” solides.

Important : ici, on parle d’un cadre de vulgarisation. L’idée centrale à retenir est simple : au niveau fondamental, la réalité ressemble davantage à un ensemble de champs et d’interactions qu’à un monde d’objets solides indépendants.


Ce que ça change (sans faire dire à la physique ce qu’elle ne dit pas)

La conférence de Laurent Schaffer ne conclut pas que “la pensée crée la réalité”, ni que la physique valide une lecture spirituelle du monde. Elle insiste plutôt sur un point : nos sens construisent une interface pratique, adaptée à notre survie, mais pas forcément fidèle à la structure profonde du réel.

Autrement dit, la physique quantique n’annule pas la réalité. Elle nous rappelle que la réalité quantique est plus étrange et plus fine que ce que notre intuition propose.

Et cela peut suffire à réveiller une chose précieuse : l’émerveillement. Celui qui nous rend plus attentifs, plus curieux, et parfois plus humbles face au monde.


Pour aller plus loin

1) Revoir la vidéo (et prendre des notes) : certaines images pédagogiques valent mieux qu’un long discours.

2) Découvrir Quantix : si vous aimez la science et les récits qui la mettent en scène, la trilogie Quantix peut être une porte d’entrée romanesque vers ces idées.

3) À lire aussi sur Impact-Essentiel : si vous avez des articles “corps & perception”, “stress & cerveau”, ou “attention & conscience”, c’est un bon endroit pour faire des liens internes (sans promettre plus que ce que la science permet).


Note éditoriale : cet article s’appuie sur une vulgarisation (TEDx) et vise à restituer les idées présentées sans extrapolation. Pour des détails techniques, il faut se référer aux sources académiques et ouvrages spécialisés.